C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut. Tu dois admettre qu'il est possible que dieu ne t'aime pas du tout. Putain, j'vois ici les hommes les plus forts et les plus intelligents que j'aie jamais vu. J'vois tout ce potentiel, et j'le vois gâché. J'vois une génération entière qui travaille à des pompes à essences, qui fait le service dans des restos, qui est esclave d'un petit chef dans un bureau. La publicité nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'histoire mes amis, on n'a pas de but ni de vraie place ; on a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rock stars, mais c'est FAUX. Et nous apprenons lentement cette vérité. On en a vraiment, vraiment plein le cul. J'avais envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'était pas foutu de baiser pour sauver leur espèce. Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles. Sa philosophie de la vie c'était qu'elle pouvait mourir à tout moment. Ce qu'il y avait de tragique selon elle c'est qu'elle ne mourrait pas. Cette histoire de développement durable, c'est de la connerie, on est déjà foutu ; c'est comme si on exigeait à un cancéreux en phase terminale d'arrêter de fumer sur son lit de mort. Vous n'êtes pas exceptionnels, vous n'êtes pas un flocon de neige merveilleux et unique, vous êtes fait de la même substance organique pourrissante que tout le reste, nous sommes la merde de ce monde prête à servir à tout, nous appartenons tous au même tas d'humus en décomposition. C'était du grand art. On revendait à des femmes pleine de cash la graisse de leurs propres cul. S'améliorer soi-même c'est de la masturbation. C'est se détruire soi-même. C'est votre vie et elle s'achève minute après minute. Mets moi un flingue sur la tempe et décore les murs avec ma cervelle. Félicitations tu vas bientôt toucher le fond, c'est bien. On a frôlé la vie ! J'avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c'était ça la liberté. On est des sous-produits d'un mode de vie devenu une obsession. C'est là que j'trouve ma place, entre ces deux protubérances graisseuse pleines de sueurs, tellement grosses qu'on dirai les mamelles de Dieu. La capote c'est le soulier de verre de notre génération.